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Les comportements à risque à l’adolescence : entre quête d’identité et appel à vivre ; causes, identité, génération,mal-être, identification, rite de passage, épreuve, thérapie, conflit, distance

  • victoirecamphuis
  • 17 mars
  • 3 min de lecture
« Il n’y a pas d’adolescence sans prise de risque. » — Le Breton & Marcelli

L’adolescence n’est pas un état, mais un passage : une traversée entre l’enfance et l’âge adulte. Elle bouleverse le corps, les repères, l’identité et la relation à l’autre. Chaque société la définit différemment, mais partout, elle reste marquée par une tension entre transformation et perte de repères.


Une crise nécessaire pour grandir

Selon le pédopsychiatre David Faure, l’adolescence est une période où le corps, l’identité et les pulsions se transforment profondément. Ce remaniement exige de « refondre » son identité en s’appuyant sur l’enfance pour préparer l’entrée dans le monde adulte.

L’adolescent se détache des figures parentales, explore de nouveaux savoirs, amours, appartenances. Il découvre aussi que le monde extérieur ne fonctionne pas selon les mêmes lois que la famille. Ce déséquilibre — entre désir de liberté et besoin de repères — crée la fameuse « crise d’adolescence ».


Une génération sans rites de passage

Autrefois, les sociétés guidaient cette transition à travers des rites collectifs. Aujourd’hui, ces repères ont disparu. L’adolescent doit inventer seul sa propre traversée, souvent au prix de comportements extrêmes : défis dangereux, consommation, scarifications, excès de vitesse, fugues… Ces conduites deviennent des rites de passage improvisés, dans une société qui ne balise plus le devenir adulte.


Le risque : un langage du corps et de l’âme

Selon David Le Breton, les conduites à risque sont une manière d’éprouver son existence, parfois jusqu’à la frôler. Elles ne relèvent pas seulement du danger, mais d’une quête de sens et de légitimité : tester ses limites pour s’assurer qu’on est bien vivant.

D’un point de vue psychique, elles expriment souvent un conflit entre pulsion de vie et pulsion de mort, entre besoin d’intensité et peur de disparaître. Philippe Jeammet parle d’un paradoxe fécond : « Si vous souffrez, c’est que vous avez des envies. Derrière la souffrance, c’est la force du désir qui parle. »


Une quête d’identité dans un monde instable

La société actuelle, marquée par la précarisation des liens, l’instabilité des repères familiaux et la surconnexion numérique, amplifie la confusion. Les réseaux sociaux offrent aux adolescents une scène permanente, à la fois refuge et piège narcissique. L’identité s’y construit sous le regard des autres, dans une logique de performance et de validation.

Les comportements à risque deviennent alors des tentatives de « se localiser » : exister dans un monde où l’adulte a perdu de son autorité et où l’avenir paraît incertain.


Le risque comme tentative de maîtrise

Le danger n’est pas toujours recherché pour lui-même. Il devient une manière de reprendre le contrôle sur une souffrance intérieure, une colère ou une impuissance. Ces gestes d’excès, parfois destructeurs, visent à recréer un sentiment de pouvoir, à éprouver une intensité vitale là où tout semble vide.

Pour certains adolescents, la mise en danger est une façon symbolique de survivre : jouer avec la mort pour se sentir vivant. Le Breton parle d’une « mort sans cadavre » — non pas vouloir mourir, mais vouloir cesser, un instant, de souffrir.


L’adolescence : une deuxième chance de devenir adulte

Cette période peut être perçue non comme une crise pathologique, mais comme une étape nécessaire. Elle permet de revisiter les enjeux de dépendance, d’autonomie, de désir et d’identité. Comme le souligne Jeammet, « l’adolescence est une deuxième chance de devenir adulte ».

Elle exige toutefois un accompagnement attentif. Le rôle des adultes — parents, enseignants, thérapeutes — n’est pas de contrôler, mais d’offrir un cadre contenant, souple et sécurisant, où le jeune peut expérimenter sans se perdre.


En thérapie : accueillir la vitalité sous la souffrance

En thérapie, le travail avec un adolescent passe d’abord par l’écoute, la reconnaissance et la validation de sa souffrance. Derrière la prise de risque, il y a souvent une énergie vitale, un désir d’exister autrement.

L’enjeu est de transformer cette intensité en mouvement créatif, de restaurer l’estime de soi, de soutenir l’autonomie tout en maintenant des repères clairs. La relation thérapeutique devient alors un espace de symbolisation : un lieu où l’adolescent peut mettre en mots ce qu’il mettait auparavant en actes. N'hésitez pas à me contacter si vous envisagez un suivi.


Redonner sens à l’épreuve

Les comportements à risque ne sont pas des fautes, mais des messages. Ils disent : « regarde-moi, j’existe, je cherche ma place ». En leur offrant un espace d’écoute et de transformation, l’adolescent retrouve la possibilité de se penser autrement — non plus à travers la mise en danger, mais à travers le sens.

« Si vous vous interrogez sur le sens de la vie, commencez par aimer la vie, et vous finirez par lui trouver un sens. »— Dostoïevski

par Victoire Camphuis — Psychopraticienne, approche analytique

 
 
 

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